Un Ange de parti, Un paradis de retrouvé
L’Ange déchu s’établit le temps de l’été à la pointe de la Normandie, car très attendu au sein de l’exposition L'Ange de la Révolte. Satan dans les arts au XIXe siècle au musée Thomas Henry de Cherbourg-en-Cotentin. Il offre ainsi, momentanément, sa place à la présentation (salles 34 et 35) d’une belle acquisition, entrée dans les collections grâce à un don généreux. Cette Étude pour l'Ève du Paradis perdu a, tout comme les dessins accrochés avec elle, aidé l’artiste à composer un de ses programmes décoratifs les plus ambitieux, autour de la thématique du Paradis perdu. Réalisé à la demande du roi de Bavière Maximilien II, à Munich, il est exposé à Paris lors de l’Exposition universelle de 1867 et suscite des critiques acerbes, en raison des tensions nationalistes de l’époque. L’écrivain Émile Zola va même jusqu’à se réjouir que l’œuvre ne reste pas en France. Cette œuvre monumentale a disparu dans les bombardements de 1945, et seules les études préparatoires aujourd’hui, dont le musée Fabre conserve la majorité, en entretiennent le souvenir et l’ambition. Cette acquisition récente est une opportunité pour les présenter en perspective, tout comme plus largement l’acquisition des œuvres d’Alexandre Cabanel, artiste très suivi par le musée. En attendant le retour de l’Ange, venez donc découvrir ces nouvelles œuvres qui s’inscrivent dans la tradition du Beau à laquelle l’artiste fut fidèle.
Légende photo : Alexandre Cabanel, Esquisse pour Le Paradis perdu (détail), inv. 18.2.12 - musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole, photographie Frédéric Jaulmes